Démarrer une colonie de blattes Dubia

Démarrer une colonie de blattes Dubia

Produire ses propres proies fraîches, toute l’année, sans dépendre d’un réassort

📘Guide complet 🕓Lecture : 10 min 🔄Mis à jour le 24 juin 2026

Élever ses propres blattes Dubia (Blaptica dubia), c’est s’offrir une réserve vivante de proies fraîches, calibrées et toujours disponibles. Avec un peu de patience et la bonne chaleur, une colonie maison devient vite autonome.

📦BacOpaque et bien ventilé
🌡️Chaleur28-32 °C stables
👥Ratio1 mâle pour 3-5 femelles
♻️AutonomieProies fraîches en continu

1.Le matériel de base

Le matériel de base
Un bac opaque ventilé, équipé de plaques d’œufs empilées verticalement.

Le cœur d’une colonie de Dubia tient dans un simple bac plastique opaque, suffisamment grand et surtout très bien ventilé. On découpe de larges fenêtres d’aération que l’on recouvre de moustiquaire fine : l’air doit circuler en permanence pour évacuer l’humidité, tout en gardant la chaleur.

À l’intérieur, on empile des plaques d’œufs (boîtes à œufs en carton) à la verticale. Elles multiplient la surface de vie et offrent aux blattes des cachettes où elles se sentent en sécurité. Pas besoin de substrat : les déjections tombent simplement au fond du bac, ce qui simplifie grandement l’entretien.

Bonne nouvelle pour la tranquillité d’esprit : les Dubia ne grimpent pas sur le plastique lisse, donc aucun risque d’évasion si les parois sont propres. Et comme il s’agit d’une espèce tropicale, elles ne pourraient de toute façon pas s’installer durablement dans nos logements.

  • Bac plastique opaque, hauteur confortable, couvercle ajusté.
  • Larges aérations recouvertes de moustiquaire fine.
  • Plaques d’œufs empilées verticalement pour la surface de vie.
  • Aucun substrat : entretien plus simple et plus sain.

2.La chaleur, clé de la reproduction

La chaleur, clé de la reproduction
Un tapis ou câble chauffant piloté par thermostat maintient 28-32 °C.

S’il ne fallait retenir qu’un seul paramètre, ce serait la chaleur. Une colonie de Dubia ne se reproduit vraiment bien qu’entre 28 et 32 °C, de façon stable, jour et nuit. En dessous, tout ralentit : la croissance, les naissances, l’appétit.

On chauffe avec un tapis ou un câble chauffant placé sous ou contre une partie du bac, jamais sur la totalité, afin de laisser un gradient. L’élément chauffant doit impérativement être piloté par un thermostat : c’est lui qui garantit une température constante et évite les surchauffes dangereuses.

Un petit thermomètre-hygromètre permet de vérifier d’un coup d’œil que tout reste dans la bonne fourchette. La régularité prime sur l’intensité : mieux vaut 29 °C constants que des pics suivis de chutes.

  • Tapis ou câble chauffant sur une partie du bac seulement.
  • Thermostat obligatoire pour stabiliser la température.
  • Cible : 28-32 °C, sans variations brutales.
  • Thermomètre-hygromètre pour un contrôle quotidien.

3.Ratio et reproduction

Ratio et reproduction
Le mâle a des ailes complètes, la femelle des ailes réduites et un corps plus large.

On distingue facilement les sexes à l’âge adulte : le mâle porte des ailes complètes qui recouvrent son abdomen, tandis que la femelle, plus large et plus trapue, n’a que des ailes réduites. Pour une production équilibrée, on vise un ratio d’environ un mâle pour trois à cinq femelles.

La Dubia est ovovivipare : la femelle conserve son oothèque à l’intérieur de son corps et donne naissance à des juvéniles déjà vivants, et non à un paquet d’œufs déposé. C’est une espèce discrète et peu prolifique comparée aux blattes nuisibles, ce qui rend la colonie facile à maîtriser.

Les jeunes naissent petits, blancs puis bruns, et se réfugient aussitôt dans les plaques d’œufs. Mieux vaut limiter les manipulations dans les premières semaines pour ne pas stresser les femelles gestantes.

  • Ratio conseillé : 1 mâle pour 3 à 5 femelles.
  • Mâle ailé, femelle plus large aux ailes réduites.
  • Espèce ovovivipare : naissance de juvéniles vivants.
  • Peu de manipulations pendant la montée en puissance.

4.Premières naissances et juvéniles

Premières naissances et juvéniles
Les juvéniles se réfugient dans les plaques d’œufs dès la naissance.

Les premières naissances se font discrètes : on découvre soudain de minuscules juvéniles entre les plaques d’œufs. C’est le signe que la colonie a trouvé son équilibre. Chaque femelle peut donner plusieurs portées au fil des mois, ce qui fait grossir l’effectif progressivement.

Les juvéniles partagent exactement la même alimentation que les adultes ; il suffit que les morceaux soient à leur portée. Ils muent plusieurs fois avant d’atteindre la taille adulte, en laissant parfois de petites exuvies claires au fond du bac.

C’est précisément cette population de jeunes de toutes tailles qui fait l’intérêt d’une colonie : on prélève les calibres voulus sans jamais épuiser les reproducteurs.

  • Surveiller les plaques d’œufs pour repérer les premiers juvéniles.
  • Même nourriture pour jeunes et adultes, morceaux adaptés.
  • Laisser les reproducteurs tranquilles pour soutenir les portées.

5.Nourrir et gut-loader la colonie

Nourrir et gut-loader la colonie
Légumes frais pour l’hydratation, céréales et son pour un gut-load permanent.

L’alimentation des Dubia repose sur deux piliers. D’un côté, des légumes et fruits frais (carotte, courgette, pomme, feuilles vertes) qui assurent l’hydratation sans qu’il soit nécessaire de prévoir un point d’eau libre, source de noyades et de moisissures.

De l’autre, une base sèche de céréales, flocons et son qui constitue un gut-load permanent : les blattes consommées par vos reptiles sont alors elles-mêmes riches en nutriments. C’est le principe du gut-loading appliqué en continu, directement dans le bac.

On retire chaque jour les restes humides avant qu’ils ne fermentent. Une colonie bien nourrie sent à peine : une odeur forte est presque toujours le signe d’un excès de nourriture ou d’humidité.

  • Légumes et fruits frais pour l’hydratation, en petite quantité.
  • Base sèche céréales/son disponible en permanence.
  • Retirer les restes humides chaque jour.
  • Pas de point d’eau libre : risque de noyade et de moisissure.

6.Les erreurs à éviter

Les erreurs à éviter
Une colonie ratée vient presque toujours de chaleur instable ou d’excès d’humidité.

La déception la plus fréquente, c’est l’impatience. Une colonie démarre lentement : il faut souvent plusieurs mois avant une production régulière. Tant que l’effectif est faible, on prélève peu, voire pas du tout, pour laisser les reproducteurs s’installer.

L’autre grand classique est la chaleur insuffisante ou instable. Sans 28-32 °C constants, les naissances s’espacent et la colonie stagne. À l’inverse, trop d’humidité combinée à des restes alimentaires attire les acariens et fait pourrir l’ambiance du bac.

Enfin, un démarrage avec trop peu d’individus ou un mauvais ratio mâles-femelles ralentit tout. Mieux vaut partir sur un cheptel de départ correct et résister à l’envie de récolter trop tôt.

  • Ne pas prélever trop tôt : la montée en puissance est lente.
  • Ne jamais laisser la température chuter ou fluctuer.
  • Éviter l’excès d’humidité et les restes qui fermentent.
  • Partir d’un effectif et d’un ratio suffisants au départ.

7.Questions fréquentes

Combien de temps avant une production régulière ?

Comptez plusieurs mois, le temps que la première génération de juvéniles devienne adulte et reproductrice. La patience est la vraie clé d’une colonie réussie.

Les blattes Dubia peuvent-elles s’échapper et envahir la maison ?

Non. Elles ne grimpent pas sur le plastique lisse, donc pas d’évasion d’un bac propre. Et comme ce sont des insectes tropicaux, elles ne peuvent pas s’installer durablement dans un logement.

Faut-il du substrat au fond du bac ?

Non, et c’est même préférable de s’en passer. Les déjections tombent au fond et l’entretien reste simple, plus sain, avec moins de risques d’humidité stagnante et d’acariens.

Quel ratio mâles-femelles choisir ?

Environ un mâle pour trois à cinq femelles. Trop de mâles stresse les femelles sans améliorer la reproduction ; ce sont les femelles qui font grandir la colonie.

Comment hydrater la colonie sans bac d’eau ?

Par les légumes et fruits frais, qui apportent l’eau nécessaire. Un point d’eau libre est à proscrire : il provoque des noyades et favorise les moisissures.